Refuge du Goûter

Situé à 3835 mètres d’altitude, sur la voie classique d’accès au Mont Blanc, le nouveau refuge du Goûter est un model d’éco-construction.
Ce bâtiment de 650 m² à une capacité d’accueil de 120 places sur 4 niveaux.
L’ensemble de la structure est un bois, sur laquelle sont assemblés des panneaux préfabriqués et une enveloppe en acier inox visant à optimiser l’étanchéité et protéger le bâtiment de l’environnement hostile.
Hors fonctionnement des cuisines, le bâtiment est autonome, il ne fonctionne qu’aux énergies renouvelables.

 

Le Nouveau Refuge du Goûter à 3’835m au Mont-Blanc

Dès septembre 2012, après trois saisons de travaux, dans des conditions extrêmes, le Nouveau Refuge du Goûter a accueilli ses premiers visiteurs.

Plus haut refuge habité de France sur la voie du Mont-Blanc, énergétiquement autonome grâce à l’énergie solaire, le bâtiment est un concentré de nouvelles technologies. Il porte à 3’835m d’altitude les valeurs du développement durable. S’il est possible de réaliser aussi haut un tel bâtiment, il n’y a désormais plus de raisons de ne pas construire de même, en bas, dans les plaines, les vallées et les villes.

Implanté en porte-à-faux vertigineux sur l’Aiguille du Goûter, le refuge accueille les alpinistes lors de leur ultime étape dans la conquête du toit de l’Europe.

Le bâtiment à structure bois et vêture métallique représente un véritable défi constructif et technique face aux lois de la Nature.

 

Le programme

Le refuge doit accueillir 120 personnes.
Il présente une surface de plancher de 720 m2. Le ratio fixé par la FFCAM, Fédération Française des Clubs Alpins de Montagne, Maître de l’Ouvrage, est de 6m2 par personne. 

Le bâtiment est conçu sur quatre niveaux :

Niveau 0 : entrée, vestiaires, salle des réserves et salle des machines.

Niveau 1 : espaces de vie commune avec notamment la salle à manger panoramique et la cuisine.

Niveau 2 : infirmerie, dortoirs et appartement des gardiens.

Niveau 3 : dortoirs.

Des toilettes humides et des lavabos apportent, à chaque niveau, un confort apprécié par les alpinistes et les gardiens.

Tout le mobilier dessiné en harmonie avec l’esprit des lieux, est en bois d’épicéa.

 

Les fondations, la structure et les façades

Les fondations sont conçues pour maintenir le refuge sur son arête par des vents pouvant dépasser 300 km/h. Elles sont constituées de 69 pieux ancrés à une profondeur moyenne de 12m sur une roche dure.

Boulonné sur cette infrastructure complexe, le plancher de base consiste en une solide grille de poutres et de contreventements horizontaux en lamellé-collé de pin DOUGLAS. Sa construction a clôturé la première saison du chantier (octobre 2010).

Au cœur du projet, la structure en bois en essence de sapin ou épicéa, représente un volume d’environ 400 m3. Afin de limiter les émissions de Co2 liées au transport, le bois a été coupé dans les forêts de la région principalement la Commune de St.-GERVAIS.

La structure en bois lamellé-collé et les assemblages sont réalisés avec des tiges encollées par scellement de résine, les planchers sont formés de caissons creux, légers et faciles à manutentionner.

L’isolation des façades est réalisée en panneaux de fibres de bois recyclées.

La vêture est en inox satiné à faible réflectivité alors que les menuiseries extérieures VELUX sont équipées d’un triple vitrage avec lames d’argon.

Le mode constructif est basé sur des modules préfabriqués en atelier. Dimensionnés pour le transport, ils ont été emboîtés sur le site comme un jeu de LEGO.

Le challenge a résidé dans le montage d’éléments héliportés d’une charge maximale de 550 kg pour limiter les vols stationnaires.

Au terme de l’exercice l’économie des rotations d’hélicoptères aura atteint 30%. La réalisation du clos et du couvert a marqué la fin de la deuxième étape du chantier (Novembre 2011).

 

Un bâtiment HQE énergétiquement autonome 

Le refuge est conçu pour fonctionner en totale autonomie grâce à la gestion maximale des ressources et des énergies disponibles. L’énergie thermique, destinée au fonctionnement du fondoir à neige et à la production d’eau chaude sanitaire, provient de 50m2 de capteurs solaires thermiques placés en contrebas du bâtiment.

L’électricité est produite par 95m2 de capteurs solaires photovoltaïques placés en façade et en toiture.

Un groupe de cogénération biomasse fonctionnant à l’huile de colza joue le rôle de groupe de secours, tant pour la production thermique qu’électrique.

Le traitement de l’air, participant à l’offre d’un confort inégalé à cette altitude, est assuré par un système de ventilation double-flux à haut rendement. Son débit varie automatiquement en fonction du nombre d’occupants. Couplé à l’enveloppe très isolante du bâtiment, ce dispositif permet d’assurer les besoins thermiques de chauffage essentiellement par la chaleur dégagée par les occupants.

La partie assainissement a été l’une des plus complexes à concevoir compte-tenu de l’altitude et du défaut d’oxygène (40% de moins qu’au niveau de la mer). Dotées d’un système d’évacuation par dépression, les toilettes n’utilisent que 1,2 litre d’eau par chasse. La technologie de traitement utilisée est celle des sous-marins, aspiration sous vide des WC, traitement biologique, oxygénation et filtration membranaire, passage sur charbon actif et traitement UV permettent le recyclage dans les WC et les urinoirs et le rejet d’une eau exempte de bactéries dans la nature.

Seule exception au tout renouvelable, un stockage de gaz utilisé en cuisine pour la cuisson des aliments et un appoint en fuel pour le cogénérateur.

 

La forme architecturale 

Le dessin harmonieux de la façade répond tout d’abord au devoir d’intégration du bâtiment dans un site protégé d’intérêt européen, le massif du Mont-Blanc.

La prise en considération des trois contraintes : structure, technique et conditions météorologiques a conduit à l’adoption d’un plan elliptique permettant la réalisation d’un ovoïde parfait.

L’axe principal de l’ellipse a été placé face au vent d’Ouest dominant afin d’accélérer les masses d’air sur les flancs du bâtiment et créer un tourbillon sur la partie arrière permettant le dépôt naturel de la neige sur le fondoir.

La coque du bâtiment matérialisée par 128 facettes trapézoïdales ou rectangulaires selon les niveaux, est recouverte d’acier inoxydable satiné. Ces facettes comme celles du Mont-Blanc, s’éclairent alternativement au rythme de la course du soleil.

 

L’aventure humaine 

Réaliser un bâtiment d’une telle dimension, équipé d’une technologie d’avant-garde, demande un Maître de l’Ouvrage visionnaire, des architectes et des ingénieurs compétents et inventifs, des compagnons volontaires et passionnés.

L’altitude rend les hommes vulnérables, forge l’amitié et sublime la volonté.

Le Refuge du Goûter fait partie de ces ouvrages fédérateurs et emblématiques qui marqueront l’Histoire.

L’émotion est forte, elle rend les mots difficiles à formuler.

Laissons les images nous parler.

 

Project Team

Architecture : Groupe-H, DecaLaage
Structure Wood Engineer : Charpente-Concept
HVP Engineer : Cabinet Strem
Dynamic Thermal Simulation : Albedo
Foundation Structure : Betech
Building Economist : Cabinet Denizou